86 pages illustrées, NB, mai 2001
est disponible au :
Musée bruxellois de l’industrie et du travail, rue Ransfort 27 à 1080 Bruxelles ou par courrier.
Prix : 9,40 € (+ frais de port 5 €), compte bancaire n° 068-1048190-35.
La musique. Une thématique qui va en étonner plus d’un … et pourtant !
Le thème de la musique peut paraître inhabituel pour un Cahier de La Fonderie. En y regardant de plus près, on constate cependant qu’il s’intègre parfaitement dans les préoccupations de l’association.
Ce numéro des Cahiers de La Fonderie propose une nouvelle ligne rédactionnelle, soutenue par un découpage en rubriques. Ces rubriques constituent une grille de lecture facilement identifiable par le lecteur et étroitement liée aux problématiques abordées par La Fonderie. Fidèle à la démarche de La Fonderie, ce Cahier est conçu comme une contribution à la compréhension du passé et du présent.
Plusieurs articles dévoilent des lieux de travail d’hier et d’aujourd’hui. Jadis, la Belgique a compté des facteurs et des instruments de musique variés et de grande qualité comme, entre autres, les maisons sax et Mahillon. Adolphe Sax, inventeur du saxophone, deviendra un facteur réputé sur la place parisienne, mais son passage à Bruxelles est tombé dans l’oubli. La maison Mahillon, moins connue du grand public, dominera pendant un siècle la facture d’instruments à vent à Bruxelles. Aujourd’hui, la musique se « fabrique » notamment dans des studios d’enregistrement. Pour La Fonderie, un gérant a ouvert les portes de son studio et fait visiter son univers mystérieux, où technique et créativité se côtoient.
La vie quotidienne des artistes est ensuite abordée : dans le passé, celle des musiciens de la cour de Charles de Lorraine et aujourd’hui, celle de trois musiciens que nous pouvons applaudir dans des petites ou des grandes salles de spectacles. La Fonderie a rencontré ces trois musiciens : découverte de trois parcours, de trois modes de vie et de trois personnalités avec leurs différences et leurs similitudes, leurs joies et leurs problèmes. Les difficultés rencontrées par ces hommes de spectacles rappellent que le statut des artistes reste une problématique d’actualité. Un article fait le point sur ce sujet.
La musique parfois se veut engagée. Elle est tantôt hymne national, tantôt chant de rassemblement pour des mouvements de jeunesse, tantôt, plus curieusement, signe de reconnaissance pour une communauté qui s’attèle à l’élimination des inégalités sociales, tel le mouvement anti-simonien.
Deux articles étonnants soulignent l’aspect social de la musique. Le premier décrit la vie des musiciens ambulants italiens au XIXe siècle dans les quartiers populaires bruxellois. Ces artistes du pavé sont des personnages très controversés à la fois musiciens, colportent et mendiants qui attirent, au gré des mélodies, sympathies ou méfiance. Le second article s’intéresse aux cloches et carillons, dont le rôle social dans les villes et les villages est encore bien connu de nos parents et de nos grands-parents. Rythmant la vie quotidienne, elles ont constitué de tout temps un enjeu économique et militaire.
Conforme à ses engagements, La Fonderie se positionne également à propos de certaines questions d’actualité. Un tour d’horizon sur la situation des académies de musiques et plus généralement sur l’enseignement de la musique en Belgique rappelle que, malheureusement, la musique n’a pas toujours la place qu’elle mérite dans l’éducation de nos enfants. Un détour par la bataille engagée autour du projet de Music City prévu sur le site de Tour&Taxis démontre, une nouvelle fois, l’importance des enjeux liés à la réhabilitation du patrimoine industriel et social et à l’intégration d’un tel projet en milieu urbain.
Enfin, après un voyage à travers l’histoire des boîtes à musique et des instruments de musique mécanique, le dernier article dresse le portrait d’un personnage ambigu, à la fois musicien ambulant fredonnant des rengaines à la mode et militant engagé participant à des concrets de propagande socialiste.
Le caractère scientifique des Cahiers est conservé, largement servi par des collaborateurs pluridisciplinaires qu’ils soient musiciens, historiens, musicologues, sociologues ou enseignants. Une mise en page plus agréable a été imaginée. Elle est plus aérée et davantage liée à la thématique abordée. Elle met aussi particulièrement en valeur la riche iconographie de la publication.
SOMMAIRE
Editorial, par Jean Puissant
LIEUX DE TRAVAIL D’HIER
Les Sax, père et fils, facteurs d’instruments de musique à Bruxelles, par Malou Haine
La manufacture générale d’instruments de musique C. Mahillon (1836-1936), par Ignace De Keyser
La facture d’accordéons et de « basses-aux-pieds » en Belgique, par Hubert Boone et Wim Bosmans
LIEUX DE TRAVAIL D’AUJOURD’HUI
Visite aux studios Dada à Schaerbeek, entretien avec Olivier Gilson
CEUX QUI EN VIVAIENT
Au service du gouverneur général : les musiciens de la cour de Charles de lorraine (1744-1780), par Koen Buyens
CEUX QUI EN VIVENT
À la rencontre de trois musiciens professionnels, entretiens avec Didier Laloy, Philippe Laloy et Jean-Michel Charlier
MUSIQUE ENGAGÉE
Belle jeunesse chanter ! Analyse sociologique des chants propres aux mouvements de jeunesse (1920-1950), par Alice stadion
L’expérience des saint-simoniens à Ménilmontant, par Ralph P. Locke
La révolution en chanson, par Jean Puissant
AINSI A LA VIE
Musiciens ambulants italiens à Bruxelles au XIXe siècle, par Florence Stas
Cloches et carillons, par Thibaut Boudart
ETAT DES LIEUX
Music City : si peu musique, si peu cité, par Guido Vanderhulst
Un regard historique et social sur l’origine des académies de musique en Belgique, Jehanne Piret
« Le cours de musique est devenu une catastrophe ! », entretien avec Jacques Bourgeois
RACINES
Histoire des instruments de musique mécanique. De la boîte à musique au piano mécanique
ATMOSPHERES
La journée du musicien, texte d’Erik Satie
PORTRAIT
Prosper VOGLET, musicien ambulant aveugle, par Jean Puissant
LES CHOSES
Un chansonnier du Part ouvrier belge



