Photographies de Gilbert de Keyser
Du 30 avril au 29 juin 2003 au Musée bruxellois de l'industrie et du travail
La carrière de Gilbert de Keyser a débuté peu de temps après la deuxième guerre mondiale et s’est poursuivie jusqu’à l’aube de notre siècle. Ce brillant photographe, qui disait ne pas aimer la ville, nous a quitté le 24 septembre 2001, nous laissant une œuvre riche et originale, nourrie par les multiples regards qu’il a porté sur Bruxelles et ses faubourgs. Ses photographies des années soixante, à la fois pessimistes et grandioses, images d’une ville livrée à l’automobile, à la promotion immobilière et à l’urbanisation brutale, l’ont rendu célèbre. Celles qu’il a réalisées au cours des décennies suivantes ont volontiers pris pour thème l’architecture ancienne, envisagée souvent à partir de détails ornementaux taillés dans la pierre. Son objectif, qu’il veut précis, les isole, les cadre et leur confère la monumentalité de la grande sculpture. Tandis que la lumière qui les effleure met en valeur les subtilités de leur épiderme.
Gilbert de Keyser s’est aussi intéressé à l’univers du travail, des paysages qu’il a façonnés, des ateliers où ont œuvré des artisans dont le savoir-faire s’est perdu depuis. Et, chose nouvelle dans sa démarche, il a voulu à maintes reprises y intégrer les travailleurs. C’est à ces divers aspects moins connus de l’œuvre de ce photographe que le Musée bruxellois de l’industrie et du travail a voulu consacrer la présente exposition. On y verra des paysages industriels aux abords du canal – entrepôts, moulins, cokeries – d’anciennes brasseries, les ateliers de la firme Blaton-Aubert où, à partir de moules, on fabriquait des statues de béton destinées à l’ornementation des parcs, les ateliers Salu de Laeken… On y suivra le travail d’artisans comme le ferblantier, le rémouleur ou l’encadreur.



